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VIA > Processeurs > Nano

Sommaire


Historique
Les modèles
Les modèles (liste)
Du côté du collectionneur





Historique

En 2003, alors qu'une équipe de Centaur était en charge de développer moultes itérations de variantes de cores C5, une autre fut chargée de concevoir une toute nouvelle architecture de processeur en repartant de 0. Mais en gardant la ligne directrice de VIA, à savoir simplicité, couts faibles et consommation réduite.
Cette architecture, nommée en interne CN (Centaur New ?) ou Isaiah aboutira cinq ans plus tard, en Mai 2008, à la sortie des VIA Nano.

Ca ressemble à du C7, mais ça n'a rien à voir

Les VIA Nano adoptèrent le même format que leurs prédécesseurs, les VIA C7, à savoir le nanoBGA2, et sont entièrement pin à pin compatibles, utilisant le même bus VIA V4. Pour le reste, tout est nouveau ou presque.
L'architecture est désormais capable d'exécuter les instructions 64bits (x86-64), est superscalaire et exécute les instructions dans le désordre ("out of order" execution en anglais, technique consistant à réorganiser les instructions arrivant au cpu dans un sens optimal, au lieu de les exécuter dans leur ordre d'arrivée). Le processeur est même capable de fusionner certaines instructions afin d'optimiser un peu plus leur execution.
L'unité de prédiction de branche fut également refondue, avec 8 prédicteurs sur 2 étages de pipeline. Le nombre d'unité d'exécutions fut revue à la hausse, permettant d'executer jusqu'à 7 opérations par cycle, et les instructions SSSE3 furent ajoutées.
La taille des caches L1 reste stable à 64Ko pour les données et 64Ko pour les instructions, mais avec 16 voies (contre 4 voies pour les C7), et contre le cache L2 augmente fortement, passant à 1Mo (contre 128Ko pour les C7). Ils disposent d'un nouveau système de prélecture des données (data prefetch) permettant d'optimiser leur remplissage.

Au niveau de la gestion de l'energie, il n'y a par contre que peu de changement, uniquement l'ajout de la gestion de l'état d'alimentation C6, VIA étant déjà allé assez loin dans ce domaine précédemment et se contentant de reprendre les dernières avancées des C7 Model D. Le process de gravure revient chez IBM, et passe de 0,09µm à 0,065µm ce qui permet de limiter les hausses de consommations liées aux améliorations de l'architecture énumerées plus haut (notamment le passage au superscalaire et à "l'out of order", qui augmente drastiquement la complexité de la puce et donc le nombre de transistors, et donc la consommation globale).

Enfin, concernant les fonctions de sécurité, aucune nouveauté, VIA reprend tel quel les fonctionnalités VIA Padlock des derniers C7. Les concurrents n'en étant pas encore à leur niveau de toute façon, il était clairement préférable que VIA se concentre sur l'amélioration de ses points faibles.

Les premiers modèles furent officiellement annoncés le 24 Janvier 2008 et furent commercialisés le 29 Mai de la même année. Ces premiers modèles Isaiah étaient estampillés Nano série 2000 et se différenciaient en deux types : les modèles Low Power, de type L (Nano L2200 et L2100), les plus performants mais aussi les plus gourmands en énergie (jusqu'à 25W pour le L2200 à 1,8GHz), et les modèles Ultra Low Power, de type U (U2400, U2500 & U2300), plus économes (8W max) mais aussi moins puissants (1,3GHz pour le U2400).
A noter que sur ces cinq premiers modèles de la série 2000, un seul avait une fonction Turbo, permettant d'augmenter la fréquence maximale de fonctionnement si la température du processeur le permet.

Ces cinq premiers modèles de la série 2000 seront rapidement suivis par deux modèles de la série 1000, le L1900 à 1,4GHz et le U1700, une sorte de U2300 un peu plus puissant, avec un FSB800 au lieu de 533, et la même consommation de 5W.
A partir du stepping 3, dont la date de sortie est inconnue, les VIA de la série 2000 bénéficieront de la Virtualisation, déjà largement répandue chez Intel et AMD. Ils se distingueront par l'emploi du chiffre 7 à la fin de leur numéro. Exemple : un Nano L2200 stepping 3 s'appelle L2207 en pratique.


Ces premiers Nano reçurent un accueil très très mitigé de la part des intégrateurs, peut-être en raison du C7, qui n'était pas au niveau de performance attendu, mais surtout probablement car depuis Avril 2008, Intel avait commencé à attaquer ce marché jusqu'alors chasse quasi gardée de VIA, avec ses Atoms. Et ceux-ci, c'est le comble, se payaient le luxe de consommer moins que les Nano. Et même s'ils étaient légèrement moins puissants, ils disposaient de la renommée et de la force de frappe marketing d'Intel.
Il n'était donc pas évident pour VIA de continuer à se faire une place sur ce marché des mini PC, mini cartes-mères et autres set-top boxes qu'il avait pourtant amené à créer, ce pourquoi quelques mois après l'annonce de leur commercialisation, il n'y avait aucun produit à base de Nano sur le marché, si ce n'est quelques cartes mères mini-ITX fabriquées par VIA. De même, le fait que les C7 restent sur le marché et étaient déjà installés, n'aida pas les Nano à se faire une place.

La série 3000

Un peu plus d'un an plus tard, en Novembre 2009, et alors que les Nano avaient beaucoup de mal à décoller, VIA annonca la sortie de la série 3000, avec 2 modèles L et 5 modèles U. Ils étaient toujours basés sur le coeur Isaiah, mais étaient connus sous le nom de code CNB (model 15 stepping 8), par opposition avec les précédents, aussi appelés CNA (model 15 stepping 2 & 3).
VIA annonçait une augmentation des performances de l'ordre de 20% pour une consommation réduite de 20% également, l'ajout des instructions SSE4, et de la Virtualisation. Le VIA Nano L3100 atteignait même les 2GHz, pour une conso de contenue à 25W, comme le L2100 à 1,8GHz.
Ils restaient bien évidemment rétrocompatibles avec les VIA Nano 1000, 2000 et les C7.
Ils eurent à peine plus de succès que les Nano 2000, dans le sens où, le temps aidant, ils commencèrent à être connus et intégrés dans plus de produits (ne pas oublier qu'il s'agit de processeurs au format BGA uniquement, donc soudés sur une carte : on ne peut les acheter que via une carte-mère, un ordinateur portable ou une tablette).
Malheureusement pour eux, en face, les Atoms devenaient de plus en plus puissants et étaient déjà passés au Dual-Core depuis longtemps (Atom 330, septembre 2008)... VIA se devait de continuer la course contre Intel, sous peine d'être complètement éjectés de leur marché de prédilection.

Les Dual-Cores

VIA commença à parler de Dual-Core dès 2008. En pratique, cette éventualité avait été pensée dès l'origine, mais pourtant il faudra encore attendre près de 2 ans avant qu'une première puce, appelée Nano DC, ne soit aperçue dans la presse spécialisée sur Internet, dans un article de Bit-tech. Ce n'était qu'une première version, toujours gravée à 0,065µm et combinant simplement sur le même die 2 Nanos L3050 interconnectés à l'aide du bus VIA V4, mais les gains en performances étaient déjà assez prometteurs, largement au delà de n'importe quel Atom et plus très loin des plus petits Core 2 ULV.
Il faudra encore attendre six mois de plus, pour que les modèles de série, renommés en Nano X2, nom de code CNC, ne sortent finalement, en mai 2011, après un die-shrink à 0,04µm et un changement de fondeur (TSMC).
4 modèles seulement furent commercialisés, deux modèles L et deux modèles U, avec pour chaque, un modèle destiné au marché de l'électronique embarquée, appartenant à ce que VIA nommait les "E-Series". Malgré le double de coeurs, grâce à la nouvelle gravure et à la baisse des fréquences, la consommation n'était qu'en très légère hausse, 27,5W pour le modèle plus gourmand, à 1,6GHz (1,73GHz en mode Turbo).


Et en même temps que ces Nano X2, ce qui explique surement leur retard, VIA enfonca le clou en proposant des Quad-cores.

Les Quad-Cores

Afin de tenter de reprendre la main sur les Atom d'Intel, VIA sortit donc 3 modèles de Nano à 4 coeurs, nommés VIA Nano Quad, en Mai 2011, soit près de 3 ans avant qu'Intel ne sorte ses Bay-Trail 4 coeurs.
Ces quatres coeurs conservaient toujours le format nanoBGA2 et restaient rétrocompatibles de tous les précédents Nano. Et pour cause, il ne s'agissait en fait que d'un double Nano X2, avec deux dies sur le même package (ce que l'on appelle communément MCM - Multi Chip Module), interconnectés là encore avec le simple bus VIA V4, ce qui devait commencer à être un certain goulet d'étranglement.

Et lorsqu'on les regarde, on comprend mieux l'abandon des Nano DC, car deux puces en 0,065µm ne seraient jamais rentrées sur le petit format nanoBGA2. Un die-shrink était nécessaire et donc, vu qu'un Quad n'était qu'un double Dual Cores, il n'y avait aucun intérêt à conserver des dual-cores en 0,065µm et des Quad en 0,04.
Ces nouvelles puces, malgré leur qualité, puissance et faible consommation, ne trouvèrent jamais vraiment leur marché. Et ce n'est pas les qq cartes EPIA utilisant ce processeur qui changèrenet la donne.
Il semble qu'il était désormais trop tard pour VIA. Ils avaient, depuis près de dix ans, laissé filer leurs parts de marché avec des produits trop peu performants, et n'étaient plus qu'un acteur complètement méconnu du public.
Plus le temps passait, moins leur processeurs se vendaient, moins ils avaient de rentrée d'argent pour financer le développement de nouveaux produits. Ils étaient entrés dans la spirale de l'échec.

 

Le chant du cygne

Malgré tout, VIA, et Centaur, continua de faire des processeurs. Mais moins, et moins vite. En Septembre 2015, le dernier VIA Nano sortait. Il s'agissait du C4650, nom de code Isaiah II ou CNR, un Quadcoeur à 2GHz (FSB1333) avec ses quatres coeurs sur le même die et un cache L2 enfin unifié (mais pas de L3), et seulement 18W de TDP. Il était fabriqué par TSMC, sur un process 0,028µm et embarquait les toutes dernières instructions à la mode telles que AVX, AVX2, SSE4.2 & BMI. Pour la sécurité, il y avait toujours le VIA Padlock, mais ils ajoutèrent également le SMEP.


Encore plus méconnu que ses prédécesseurs, ce qui était assez difficile, il était plutôt puissant, largement plus que n'importe quel Atom, mais pas aussi loin qu'on pourrait le croire d'un AMD Athlon 5350 ou d'un Core i7-4600U.
Pour les curieux, des vidéos d'une utilisation de ce processeur sur certains jeux modernes tournent même sous Youtube :


Ce sera le dernier Nano de VIA avant qu'ils ne raccrochent définitivement les gants et transfèrent le business des processeurs x86 à une joint-venture chinoise qu'ils créèrent en 2013 avec le gouvernement de la municipalité de Shanghai, appellée Zhaoxhin. Ces derniers continueront à travailler sur les bases des Isaiah et sortirent leur premiers modèles basées sur CNQ dès 2014.

Mais ceci est une autre histoire...







Dernière mise à jour : 27/01/2021